Moulin à poudre explosion

Photo prise du pont Saint-Jacques.

Pierre Bonnin est en service et attend son collègue pour recharger la trémie du bluttoir. Le sac de cinquante kilos est, en général, porté par deux personnes pour charger le marche-pieds du moulin. Il est cinq heures du matin. Son camarade n’arrivant pas, il décide de traîner le sac jusqu’au bluttoir. Le frottement sur le plancher déclenche une mise à feu énorme, une explosion au bluttoir et quelques secondes après dans les deux grainoirs.

Lors de ces deux explosions, le 25 mai 1818, 16 personnes furent tuées et 28 blessées. Les détonations furent ressenties dans les communes alentour et toutes les vitres de Saint-Jean d’Angély ont volé en éclats.

Plan de la poudrière en 1815
Plan de la poudrière en 1815

La production de cette poudrerie était très appréciée des fabricants grâce au salpêtre et au charbon de coudrier ou noisetier qui abondait dans les bois environnants. La navigation sur La Boutonne et La Charente facilitait le transport vers l’arsenal de Rochefort, et permettait la diffusion de cette poudre de qualité. La quantité de poudre qui se trouvait au moment de l’explosion, dans le bluttoir et dans les deux grainoirs, était d’environ 18 900 kilogrammes, partie en poudre verte et en poudre sèche.

Après cette explosion, la fabrication de poudre fut transportée à Angoulême et la garnison fut retirée. Le moulin devint moulin à farine (une matrice cadastrale de 1830 mentionne un moulin à farine à deux roues) jusqu’en 1963 où le meunier tomba dans le mécanisme. Après ce drame, le moulin cessa de fonctionner et ne fut plus repris.

Schlumberger, Julie, Guiberteau. Moulin à poudre puis à farine, Saint-Jean-d’Angély : dossier d’inventaire du patrimoine culturel de Saint-Jean-d’Angély. © Région Nouvelle-Aquitaine © Pays des Vals de Saintonge.

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