Aumonerie 1929

Dans les dépendances de la maison de M. Martelet, entre la rue du Collège et la petite rue du Temple, on voit encore des vestiges de portes, fenêtres, arcs, contreforts et cheminée remontant au XIe, XIVe, XVIe et même XVIIe siècles. Nous avons cru intéressant pour l’histoire de Saint-Jean-d’Angély d’en faire le relevé.

Ces ruines sont sur l’emplacement de l’ancienne chapelle offerte en 402 par le chapitre de l’église Saint-Pierre de Poitiers à l’évêque Ambroise de Saintes et édifiée sous le vocable de la Vierge Mère. Cette chapelle fut détruite par les Normands en 860 et reconstruite au XIe siècle.Aumônerie

Elle était orientée de l’est à l’ouest et avait une nef unique vraisemblablement voûtée en berceau et une porte monumentale dont on peut voir encore dans la courette de l’ancien tribunal l’archivolte romane décorée d’étoiles et de pointes de diamant. C’est dans cette chapelle, d’après la tradition, qu’aurait été déposé le chef de Saint-Jean-Baptiste pendant la construction et jusqu’à l’achèvement de la magnifique Abbatiale qui devait faire la gloire de notre Cité. Après que la relique eut été portée processionnellement à l’Abbaye, les Bénédictins décidèrent de transformer la chapelle Notre-Dame en une aumônerie, destinée non seulement à distribuer les aumônes, mais même à héberger les pèlerins. A cet effet, ils l’agrandirent par l’adjonction latérale d’une salle ayant les mêmes dimensions que la nef primitive, voûtèrent le tout avec des voûtes sur nervures, suivant la mode de l’époque et réalisèrent ainsi un édifice à deux nefs, comparables à la chapelle souterraine des Jacobins dont nous avons parlé dans le bulletin, l’année dernière. Mais c’était une aumônerie et non plus une église. Les Bénédictins se seraient bien gardés de copier pour une de leurs églises le type à deux nefs adopté par les seuls Dominicains.

 

Ancienne aumônerie

Les colonnes, chapiteaux et formerets de trois travées de cette aumônerie sont encore très visibles dans la maison de M. Martelet. A la fin du XVe siècle, cette grande salle étant devenue insuffisante, on édifia une ou plusieurs salles non voûtées au-dessus de ses voûtes. On voit encore les jambages d’une cheminée monumentale dans le mur Ouest de l’édifice ; son manteau richement décoré aurait été transporté aux « Granges » par M. Martelet, au dire d’un de ses contemporains. Au XVIIe siècle, deux vigoureux contreforts ont été établis à l’angle Nord-Ouest, pour éviter probablement un effondrement menaçant. L’un de ces contreforts a été démoli à une époque récente ; on n’en voit que les arrachements ; l’autre subsiste encore, mais il a une telle hauteur au-dessus de ce qui lui était nécessaire pour résister à la poussée des voûtes que l’on peut se demander s’il ne devait pas supporter un campanile.

Les pierres de cette aumônerie ont été utilisées, au commencement du siècle dernier, pour la construction de l’ancien tribunal que l’on a accolé à son mur sud après avoir bûché ses contreforts. Nous avons même vu dans ses caves un pilier bâti avec les assises et le chapiteau d’une colonne du XVe siècle.

Source gallica.bnf.fr / BnF

 

 
 

 

 
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